Welcome !

Bonjour ! Bienvenue sur mon blog, où je posterais mes différents écrits !

D'abord, un petit récapitulatif : j'ai joué pendant plusieurs mois à un MMORPG (jeu en ligne quoi) à l'univers très riche, Fly For Fun, univers que j'ai exploité dans une mini-saga appelée "Fireflyer, les aventures du soit-disant King of Mercenary". Je ne posterais pas ces nouvelles ici. En effet, sans connaître l'univers de ce jeu il risque d'y avoir des quiproquos. A la base les nouvelles s'adressaient aux joueurs de flyff, je ne prenais pas la peine d'éxpliquer qu'est-ce que c'était ceci, pourquoi il y avait cela...
Cependant j'ai écrit, et je continue d'écrire, des petites nouvelles sans rapport avec Flyff que je posterais ici.
Egalement, je voulais préciser que depuis près de 4 ans maintenant (le temps passe vite) je travaille sur un projet de livre qui arrive à son terme, après euh... 3 retours à zéro et 18 modifications de l'histoire. Evidemement la première et la dernière version n'ont rien à voir.
Je prévois une saga se déroulant sur 2 ou 3 tomes, dont le premier est en phase "retouches par-ci par-là". J'en posterais quelques extraits !

Bref, voilà, bonne visite, et bonne lecture !

Fireflyer.

# Posté le samedi 18 octobre 2008 09:39

Modifié le samedi 18 octobre 2008 10:05

Marquez votre passage d'une petite pierre blanche.

Bonjour, visiteur ! Je remarque que de mois en mois, le taux de fréquentation de mon blog a fortement augmenté. 164 vues en Octobre, 245 en Novembre, et là 257. Cependant, la "vue" d'un blog ça peut être juste une ouverture d'un lien, une grimace de dégout, et sa fermeture.
Certains m'ont déjà dit qu'ils ne savaient jamais quoi dire, et de ce fait ne laissaient pas de commentaire. Bien sûr ce post n'a pas pour but les habituels "LACHE TES COOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOM" que l'on déplore sur d'autres, mais juste une légère inquiétude. Il est possible que j'écrive de la pure merde, et dans ce cas il faut me le dire. Dans le cas contraire signalez votre passage ici, même sans laisser de commentaire réellement construit, mais par exemple "j'ai lu telle nouvelle" ect. Et si ça vous plait pas vous gênez pas pour le signaler, c'est là pour ça.

Merci de votre attention !

Fireflyer

# Posté le mercredi 31 décembre 2008 13:43

Et puis vomir...

Et puis vomir...
Attention, un commentaire youtube est un produit irritant. En cas de contact direct avec les neurones, rincer abondamment d'humanisme et de raison.


Ça prend aux tripes et tu sens tes yeux exorbités malgré toi. Une amertume paralyse tes sens.
Le c½ur bat fort, il s'affole, il cogne comme s'il allait éclater. Comme un ongle sur un tableau noir, tout sonne faux, un air infect, et toi tu es impuissant. La musique s'échappe et hurle à te blesser les tympans. Tu as beau détailler les murs et les tentures d'un regard qui voudrait se rassurer, les fleurs du papier peint se sont déjà transformées en monstres qui glissent le long des plinthes, envahissent la pièce. Inconvenants, ils dévorent sans état d'âme, bruyamment, salement. Toi, tu es là, bras serrés sur ta poitrine, à ne pas savoir où t'accrocher, l'½il et la bouche arrondis. Tu as des nausées, tes muscles sont noués, tu as les jambes en coton, un cauchemar dans ta tête. Une exaspération sans fin, un gouffre qui s'ouvre sous tes pieds et t'as l'impression d'être seul au monde, de te débattre pour rien comme un poisson hors de l'eau. Tu suffoques, une pression violente sur ta poitrine lasse de respirer. Un tourbillon de torpeur qui t'entraîne dans les profondeurs de la bêtise humaine alors que tu constates avec horreur le monde qui t'entoure. C'est comme si un voile d'une noirceur opaque venait de se lever sur la stupidité de l'Homme, que jusque là tu n'avais vu qu'un bout du titanesque iceberg de la niaiserie. Tu détournes les yeux.
Une fraction de seconde. Un soupir.
Et puis vomir.



Voilà, j'ai mis un moment à écrire ce texte, parce que je voulais l'écrire à chaud en lisant les pires commentaires youtube de la toile (vous taper homo/islam/sioniste/lepen on arrive assez bien à ce genre d'irritation profonde.)

# Posté le lundi 20 juillet 2009 14:31

Modifié le lundi 20 juillet 2009 20:50

Un anonyme dans un troupeau de moutons...

Un anonyme dans un troupeau de moutons...
Voici un passage de mon livre que j'ai envie d'écrire depuis longtemps, bien que chronologiquement je n'y sois pas encore. Tom retourne sur Terre, retrouve l'humanité telle qu'il la connaissait, et laisse sa colère enfler en leur compagnie.


La première chose qu'il fit lorsque ses pieds retrouvèrent un sol familier, ce fut de prendre le bus depuis le spatio-port. Une manière à lui de renouer avec un quotidien qui s'était fait désirer... La routine. Son plus grand fantasme depuis ces deux dernières années. Les souvenirs, les réminiscences, se firent de plus en plus nombreuses. Oui, il haïssait les humains... Il retraça le fil de ses pensées provocantes, et du regard qu'il portait sur eux.
Oui... il haïssait les humains... Là, par exemple, cet homme ventripotent, qui dévorait machinalement un beignet, sans même en apprécier le goût, n'aurait pu jouir de ce plaisir primaire que s'il avait été gratuit. Ici, cette vieille dame, qui croit que sa longue vie en ce monde lui donne une sagesse supérieure, alors qu'elle n'est qu'un battement de cil infime et un océan d'ignorance.
Oui, ces humains qui pensaient avoir trouvé la clé du bonheur en regardant au loin sans voir qu'ils avaient les deux pieds dedans... Dix-mille ans d'évolution pour arriver à ce brouillon grossier, qu'on osait appeler « utopie » ? Un ramassis d'assistés au service de la Fédération ? C'était à vomir.
Il s'était promis de retrouver les usurpateurs de ce monde pseudo-parfait, un par un, lentement. Il avait tout le temps, après tout. Il les retrouverait, oh ! oui, et il les tuerait. Il en fit un serment secret, que personne ne remarqua. Après tout, il n'était qu'un homme parmi tant d'autres dont le visage venait de s'assombrir. Un anonyme dans un troupeau de moutons... un anonyme qui allait changer la face du monde.

# Posté le dimanche 14 juin 2009 13:49

Concours Flyff

J'ai appris récemment que Flyff (le jeu en ligne dont je vous avais parlé) a organisé un concours de récit sur le thème de la piraterie fantastique, et j'ai eu envie de vous montrer ce que j'avais écrit.

Tout commença dans la grande mer entre Flaris et St Morning. Notre vaisseau filait sur les hautes vagues à grande allure. On le disait parmi les plus rapides de Madrigal. Mais on disait trop de choses. La preuve, on murmurait partout que les pirates étaient de mauvais bougres...
Notre bateau gardait le cap à l'est. Ce fut la vigie qui, dans la brume, repéra les côtes en premier. Puis après tout, c'était son boulot.
- TERRES !
Oui... ces interminables falaises de grès, ces nuages oppressants, ces longues plaintes d'origine inconnue... et ce sentiment d'insécurité au plus profond de mes tripes. Nous approchions de St Morning.
- Ne naviguez donc pas si près des côtes. Nous risquons de faire de mauvaises rencontres.
En effet, des yeux rouges clignaient sur les crêtes, et des murmures incertains s'élevaient parfois. Comme repère, la lumière puissante de l'autel pourpre teintait d'un violet hypnotique le brouillard ambiant.
- Doucement... allez-y doucement, grogna le capitaine.
Moi, je lavais le sol. C'était ma seule responsabilité sur ce rafiot, et avec les dangers que nous encourions quotidiennement, j'en étais fort aise. Lorsque la lueur du phare perça l'opacité de la brume, nous pûmes souffler...
L'estuaire de la rivière nord était pratiquement désert. Il était encore tôt, et les docks n'ouvraient qu'à la mi-journée. Lorsque la côte de galets devint un mur d'enceinte épais, portant encore les traces de combats récents, nous comprîmes que nous n'étions plus chez nous. Ces terres étaient maudites.
Nous passâmes sous les grands ponts de la ville, où des passants chiquement habillés passaient parfois, sans nous accorder un regard. Dans les airs, un balai filait quelquefois. Les aventuriers de la métropole partaient déjà gagner leur pain dans les contrées incertaines de St Morning, et peut-être payer de leur vie pour un espoir de richesse.
Telle était la dure loi de ce monde. Nous accostions aux premières lueurs du jour, posant enfin un pied à terre, et observant ce décor qui m'était familier. Un enchevêtrement serré de demeures aux façades noircies par les épaisses fumées des milliers de cheminées.Au loin, la silhouette imposante du Saint Hall, la grande Eglise des prêtres de Madrigal étalait son ombre sur toute la ville. Le son de ses cloches résonnait comme un glas de défaite.
- Bienvenue en enfer, moussaillon, grommela le capitaine, en posant une main amicale sur mon épaule.
Il était comme un père, et l'équipage comme ma famille. Je vivais auprès d'eux depuis une jeunesse si tendre que je n'avais plus souvenir de la première fois où j'avais posé le pied sur ''L'aube de l'espérance''. Alors oui, nous sommes des pirates, mais nous avons un c½ur.
Nous entrâmes dans une auberge, afin de chercher où se poser durant un ou deux jours, avant de reprendre la mer. Le capitaine poussa la porte qui grinça en pivotant sur des gonds vieillissants. Partout on retrouvait cette étrange tradition des lanternes.
L'intérieur était déjà bien plus gai. De bonne heure déjà, deux accordéonistes jouaient un air joyeux, en chantant à tue-tête. Quelques habitués commandaient leur boisson matinale – fortement alcoolisée, ça réveille – à la lumière dansante d'un lustre qui se balançait au dessus de la mezzanine.
- J'peux faire quelque chose pour vous mes lapinots ?
Je me retournai. C'était une femme débonnaire au décolleté suggestif qui vint nous accueillir avec un plateau à la main.
- Nous voulons savoir si vous avez des chambres de libres pour six personnes, demanda poliment mon supérieur avec un sourire qui se voulait séducteur, et qui l'aurait pu être sans caries.
- Bien entendu, répondit la femme avec un sourire pas tellement plus agréable, mais ça sera trois par chambres. Vous en faites pas elles sont spacieuses et confortables.
Je commençais à apprendre le langage commercial. ''Spacieuses et confortables'' signifiait ''plus grandes qu'une cellule de prison avec un toit''. Mais pour le prix qu'ils payaient, il ne fallait pas s'attendre à mieux. Je fus salué par un accordéoniste édenté, auquel je souris timidement. Je n'aimais pas St Morning, encore moins ses citadins. Dès que mes pieds quittaient le pont de l'Aube, je ne me sentais plus chez moi. La douceur des embruns lorsque nous nous lancions dans une poursuite effrénée, l'odeur même de l'eau me manquait déjà.
Je ne savais pas exactement pourquoi le capitaine avait tellement tenu à ce que nous fassions escale ici. J'avais bien vu que nous avions assez de vivres pour une bonne semaine encore, et que le Jardin de Rhisis n'était plus bien loin. Mais il ne fallait pas poser ce genre de questions. Si le capitaine le souhaitait, c'est que nous le devions.
Ainsi je me couchai, la tête pleine de question, sur une paillasse sale, et ne tardai pas à m'endormir. J'avais trouvé le sommeil dans des conditions bien plus inconfortables, après tout... Le lendemain, le capitaine nous réveilla tôt. Il nous laissa vaquer à nos occupations pour la journée, pendant que lui disparaissait dans les ruelles étroites de Saint Morning. J'aidais ainsi mes compagnons durant une longue journée, à surveiller le navire, le nettoyer, remplacer les poulies et les cordages défectueux... Je passais des heures à flâner dans le nid de pie, à observer la ville, et sa population déambuler à grands pas dans les rues.
Perdu dans mes pensées, je ne vis pas un groupe de gardes s'approcher de notre navire. C'est lorsque j'entendis les premiers éclats de voix que je baissai la tête.
En bas, un de mes compagnons s'interposait entre les gardes et le navire.
- Nous avons un arrêté officiel pour mettre votre capitaine aux arrêts !
- Et moi je vous dis qu'il n'est pas encore revenu, répondit le pirate en grognant.
Les lames sortirent de leur fourreau.
- Nous entrerons sur ce navire... Vous n'êtes que quatre, face à dix gardes du maire. N'espérez pas la moindre victoire.
Quatre ? Ils ne m'avaient donc pas repéré. Je me blottis dans le nid-de-pie, dans l'espoir de passer inaperçu le plus longtemps possible. Les terrestres avaient eu vent de notre navire. Un petit vaisseau pirate qui longeait les côtes et avait déjà pillé trois navires marchands. Alors que les gardes étaient occupés à hurler sur mes compagnons, je descendais discrètement le mât.
La scène attirait du monde, des badauds curieux qui s'approchaient de notre navire, dans l'espoir d'un petit spectacle. Distrait, je lâchai prise, et tombai dans des cordages, qui amortirent ma chute...
Une lame caressa ma gorge.
- Il y en avait un autre, là-haut !
Derrière son lourd casque d'or, le militaire souriait. Il me souleva par le col sans la moindre difficulté, lorgnant mon corps frêle, avant de me jeter sur le pont comme un déchet dans un caniveau. Boueux, le caniveau.
C'est alors que mon regard s'attarda sur une des petites ruelles qui débouchaient sur le port. Une silhouette familière émergeait de l'ombre des bâtiments. Le capitaine était de retour. Il avança à grands pas, écartant les curieux, et dégainant déjà son arme.
- PERSONNE... Personne ne foule le pont de mon navire sans mon autorisation.
Le garde qui m'avait malmené se retourna.
- Le capitaine de cette bande de bras cassés, je suppose ? Allons... rangez votre arme. Vous battre au c½ur de la capitale relèverait du suicide !
Mon supérieur laissa son regard parcourir le garde-fou... puis d'un geste vif il coupa une des amarres. La réaction adverse fut immédiate. Comme un seul, les soldats se ruèrent sur lui, nous laissant une ouverture.
Chaque objet du pont devenait une arme. C'est ainsi que j'étranglai un de mes adversaire avec un bout de corde, pendant qu'un de mes compagnons se battait tabouret contre épée. Le combat tournait à notre désavantage. Le capitaine, submergé, entreprit d'escalader le mât par les échelles latérales, tout en défendant ses arrières. C'est à cet instant qu'un des pirates envoya un tonnelet de rhum sur la garnison ennemie. Le seul effet immédiat fut de les inonder d'alcool. Mais rapide comme l'éclair, le capitaine, un sourire mauvais aux lèvres, condamna leur sort... Il craqua une allumette.
Pendant que nos adversaires s'effondraient sur le pont, nous avions largué les amarres, alors que les renforts commençaient à affluer. Il fallait faire vite. Nous déployâmes la grande voile, et filâmes à grande vitesse à travers le port. Plusieurs fois notre navire évita la collision de justesse avec des navires.
Postés sur un des ponts de St Morning, des archers parvinrent à toucher l'un d'entre nous, qui tomba dans l'eau. Nous n'eûmes pas le temps de prier pour son âme, puisqu'en face de nous deux intercepteurs bloquaient la sortie du port.
Le capitaine pinça les lèvres... Il évalua rapidement la situation. Les navires ennemis étaient bien placés pour faire cracher leurs canons.
- Accrochez-vous !
Le bateau le plus rapide du monde ? Il était temps de le prouver. A partir de là, tout s'enchaîna très vite. Les ordres du capitaines parurent d'abord anarchiques, mais bientôt nous vîmes le résultat de sa stratégie irréaliste.
Un dernier pont nous séparait des vaisseaux ennemis. Lorsque nous passâmes dessous, le capitaine nous ordonna d'épuiser les canons sur les briques épaisses. La structure commença à vaciller...
- PLEINE VOILE !
Dans un craquement sinistre, l'immense pont s'effondra dans l'eau, créant un ras-de-marée gigantesque, sur lequel notre navire se percha. Nous voyions l'ombre de la vague assombrir le pont des vaisseaux ennemis, et l'eau recouvrir le port, engloutissant de nombreux passants.
Placés latéralement, les deux navires furent retournés comme des fétus de paille, et c'est entre leurs deux carcasse que le notre, dans une gerbe d'eau extraordinaire, retomba dans la mer, filant à pleine vitesse vers d'autres horizons.
Notre liberté avait couté la vie à de nombreuses personnes, mais après tout nous étions des pirates... Voilà qui risquait fort de ternir notre réputation.
Cependant, ce n'était pas à l'ordre du jour. Au loin, l'esquisse du Jardin de Rhisis éclipsait un soleil couchant. D'autres aventures nous attendaient...

# Posté le samedi 06 juin 2009 07:53

Piège ?!

Je n'avais pas vu la lumière du soleil disparaître brusquement, lorsque je suis tombé dans ce gouffre profond et sombre. J'évite de justesse une série de lames blanches et luisantes, pour freiner (trop tard) en apercevant cet obstacle.
Un tentacule immonde, se tordant, se retournant, comme s'il voulait m'attraper et m'engluer dans un liquide gluant et épais. Je ne sais absolument pas où je suis. Une chose est certaine, je suis coincé entre des murailles de pointes acérées, un plafond souple et fripé, et cet obscène chose qui poursuit son ballet étrange. Sans prévenir, soudain, le tentacule se presse et m'écrase, occupant un espace considérable. J'étouffe, le contact avec cet animal étrange m'est insupportable. Il me libère enfin de son étreinte, je peine à me relever pour continuer ma route vers le fond de la caverne, lorsqu'un souffle puissant et profond interrompt mon avancée. Le tentacule remue très vite, caressant les murailles et le plafond. Enfin, ce son se tait, et je continue ma progression. Alors que j'allais me pencher pour observer le gouffre suivant, un flot de liquide gluant menace de me faire tomber.
Une nouvelle vague, plus importante, elle, m'entraîne dans le précipice. Je me plaque au mieux contre les parois de plus en plus lisses, dans l'espoir de remonter. Je remue tant que je peux, je me débats. Je hurle ! "JE NE VEUX PAS MOURIR !".
Avec l'énergie du désespoir, j'arrive à me hisser un peu en hauteur. La caverne émet un bruit d'une puissance inouïe, projetant de filandreuses substances dégoutantes. La troisième vague de liquide est insurmontable. J'ai beau me cramponner de mon mieux, elle m'emporte, bouchant mes voies respiratoires, collant mes membres à mon corps sans que je puisse les dégager. Je sens que je chute, à une vitesse que je n'avais encore jamais atteinte.
Enfin, j'arrive dans une autre caverne, bien plus grande. Le liquide autour de moi se dissipe très rapidement, disparaissant dans une mer mousseuse. Je comprends trop tard qu'elle ronge peu à peu mon corps. Ma peau se décroche lentement, et sans pitié l'acide puissant me désintègre à petit feu. Je crie une dernière fois un appel à l'aide, sans le moindre succès. Tétanisé de douleur, je me dissous en quelques minutes dans une mare fumante.

- Beurk ! J'ai avalé un moucheron !!

# Posté le samedi 23 mai 2009 07:59

Le temps des papillons de nuit.

Le temps des papillons de nuit.
D'abord, c'était un long chemin, un sentier de prairie que l'on ne voit qu'en photos, de ces sentiers cahoteux cerné d'une végétation folle et luxuriante. C'était une mer de verdure où émergeait par endroits un arbre aux larges branches. Au bout de ce chemin, un petit enclos de bois, dont le vernis s'écaillait, marquait une limite entre la propriété et le monde sauvage, et à voir l'état du jardin, il n'y avait pas grande différence entre les deux lieux. En effet, ce terrain à l'abandon avait pris des airs de brousses tropicales, en saison des pluies.
Ensuite, un petit escalier amenait à la terrasse, un promontoire de bois fendu qui laissait, entre les planches, s'échapper quelques touffes de mauvaises herbes qui envahissaient les fondations. Je poussai la porte, dont la poignée me resta dans les mains. Un peu embarrassé, je la posai sur le premier meuble que je vis. Et il y en avait plein. Des commodes, un bureau, un vieux canapé rongé par les mites, et une console sur laquelle était posée, bien au centre d'un napperon de dentelles, une lampe dont les toiles d'araignées remplaçaient l'abat-jour. Sans grand espoir, j'appuyai sur l'interrupteur. Un instant, le vieux système électrique ankylosé par un long sommeil peina à se mettre en marche, puis une petite ampoule au plafond, qui se balançait, poussée par un courant d'air d'origine incertaine, s'embrasa. Soudain, et à ma grande surprise, une lumière filtra sous une porte, au fond du salon. Je tressaillis. Fébrile, et poussé par une vive curiosité, je poussai la poignée et l'ouvrit à la volée.
Ce que je vis dépassait tout ce qu'un homme peut imaginer, et même le plus talentueux des peintres n'aurait pas capturé tel tableau aussi bien que la nature elle-même. Une grande bais vitrée m'offrait un spectacle irrationnel. La falaise, en arc de cercle, cernait une étendue plus sauvage que la prairie. J'étais juste au dessus, avec une sensation d'envol que je n'avais encore ressenti que dans des rêves.
La mer.
A perte de vue, jusqu'à un horizon lointain qui avalait un soleil couchant, et celui-ci tachetait les vagues de bains de lumière pure, comme si des pinceaux adroits tenus par des mains de maîtres avaient coloré soudain cet univers bleu d'une parure dorée qui se reflétait sur les nuages comme un voile pastel.
L'air embaumait l'iode, et sur ma peau je sentais le souffle d'un vent léger chargé d'humidité et de vie; il avait comme un léger gout de sel.
Bientôt l'astre orangé devint rouge, et lorsque sa cime rendit l'âme, laissant l'océan l'engloutir entièrement, quelqu'un éteignit la lumière, la grande lumière, et seuls les nuages les plus lointains laissaient voir sa trace, qui disparaissait pour laisser place à une nuit violacée, durant laquelle on ne sentirait leur présence que par d'abstraites zones sombres. Ils éclipseront les étoiles jusqu'au lendemain. La mer devint noire, comme si un dieu maladroit y avait renversé son encrier, arrêtant un instant d'écrire le cours de la vie, et la laisser dormir.
Le vent s'intensifia. Sa présence devint glacée, oppressante. Une nouvelle lumière daigna redonner de la vie au paysage. Blanche, et pure, la lune repeint tout à ses couleurs. L'eau s'habilla de ses tâches blanches, comme un immense pelage de panthère. Sauvage, brut, indomptable. L'herbe folle sur les falaises devint mauve, comme si le vert la lassait. Et les étoiles s'en mêlèrent, amoindries par le rayonnement de l'astre blanc. Elles se contentaient de briller au loin, comme un autre horizon.
Je délaisse le paysage, et me retourne pour visiter la demeure. Les meubles craquent à l'unisson, et les portes grincent, transformant leur vacarme solitaire en une symphonie lente. Une musique ancestrale qui résonne au coeur de leur histoire antique, une histoire qu'ils me racontent, qu'ils me murmurent doucement, et moi, je les ai écouté. Dehors le vent s'était fait plus dur encore, et par bourrasque il frappait la façade, comme un veilleur pendant que la nature somnole. Il est temps que je la rejoigne. Toutes ces beautés ne sont pas pour moi, et quelque chose me fait fermer les paupières, malgré ma volonté de voir. Quelque chose éclipse mon ouïe, engourdit mon odorat.
Ce n'est pas le temps des hommes curieux, mais le temps des papillons de nuit.
Le temps des papillons de nuit.

# Posté le mardi 24 mars 2009 19:02

Maquette de la couverture, Tome 1

Maquette de la couverture, Tome 1
Bon, c'est une maquette, donc mal finalisée, pas très propre... mais c'est un début, et ça m'a demandé quand même 2h de travail.
M'enfin, avec Photoshop et Corel Draw à la rescousse, j'aurais pu faire mieux, j'avoue. Eh ouais, avoir un papa infographiste ça aide ! Héhé...

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 17:48

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 03:13

Mémoire séléctive

Mémoire séléctive
Le crépitement du feu met fin à ma torpeur. J'observais depuis plusieurs heures le ballet des flammes. Ca avait quelque chose d'apaisant. Sans doute par bonheur de ne pas être à la place de la buche, ou simplement parce que j'avais dormi à l'abri d'un froid mordant.
Mais il ne fallait pas que j'oublie la raison de ma présence. Ainsi, je tendis avec difficulté mon bras pour atteindre une sacoche épaisse et lourde, remplie de documents en désordre. Et sur chacun de ces documents, écrit en plus gros, mis en évidence, ou en plus petit, encre sympathique ou colorée, opaque ou presque transparente, sur des papiers plus ou moins rugueux et de diverse épaisseur s'étirait une écritoire étroite et penchée. Parfois un simple mot sur un grand espace, ou un pan de texte sur un tout petit feuillet. Des alignements d'idées diverses et variées, parfois saugrenues, parfois criantes de vérité.
Ma mémoire. Oui, toute ma mémoire, ainsi retranscrite sur du papier, afin d'alléger ma conscience d'un passé trop chargé. Non pas de choses tristes, oh, non, je ne me plaindrais pas. Simplement trop de choses. J'avais vécu toute une vie avec l'angoisse de perdre au compte-goutte les évènements d'une vie qui passait trop vite. Une angoisse profonde de perdre peu à peu ma vie. Après tout, n'est-ce pas le fondement d'une existence que de revivre les instants passés et anticiper ceux à venir ? Sinon, ceux-ci seraient trop courts !
La vie est une succession de ces moments éphémères, qui, mis ensemble, perdent leur valeur. C'est pour ça que j'ai consacré la mienne à les isoler. Je les relis chaque jours, ponctuant ma lecture de "aaaah, oui... je me souviens". Tout cela me prenait une grande partie de la journée, et au fil des années j'accumulais ces documents. Si bien qu'en condensant au maximum ma mémoire, je manquais de temps. Il me fallait faire un tri. Mais, à mon grand âge, sans ces écrits, je perdrais lentement ma pensée, si ce n'est instantanément ! Chaque jour j'oublie la lecture de la veille, me forçant à réitérer l'expérience.
Comment pouvais-je après tant d'années de vie en sacrifier le but ? Hélas, il fallait faire un choix. Je posai la lourde sacoche sur le bord de la cheminée, et j'en lis les titres.
- Fracture de l'index, 12 mai 2005. Quelle importance ?
Sans aucun état d'âme, j'attrapai la feuille, papier jaunis, écriture maladroite, sans doute à cause du fameux doigt et la jetai dans l'âtre. Elle brûla instantanément. Au même instant, dans mon esprit, cette anecdote disparut... voyons... "Baignade en Bretagne", papier humide, qui sent la mer. Bah, l'eau était froide."Dégustation de churos, Marseille, 2007", papier légèrement gras, où se glissent parfois une tache de chocolat ou un grain de sucre. "Noël 2006. J'ai eu un pull beige", écrit au feutre bleu sur du papier cadeau.
Peu à peu, je vidais la sacoche de toute ce qui était en trop et que je jugeais inutile. "Mange à Pizza Paï pour la première fois", taché de sauce tomate, "A repeint la chambre, été 2007", maculé de colle, de peinture blanche, où j'avais agrafé une facture, "Est tombé amoureux", aux doux relents de fleurs, papier rose. Bah ! Que de choses inutiles ! Je les brûle.
J'attrapai alors nerveusement une des feuilles, déséquilibrant la sacoche. Toute entière, je la vis se retourner, et les feuilles tomber dans l'âtre de la cheminée, étouffant presque le feu sous la masse de papier. Je poussai un cri, et plongeai la main pour en sauver le plus possible. Hélas, en une fraction de seconde, tout disparut, dans un nuage opaque de fumée noire.
Je n'en crois pas mes yeux. Là, toute ma vie brûle. Tout ! Jusqu'à mon propre nom. Et puis, aussi vite qu'elle avait commencé, l'incendie se tut, laissant là une pierre noircie, et des cendres par centaines. Je reste là, le regard vide. Ayant oublié l'incident, je me demande pourquoi mon coeur est-il si affolé. Je regarde mes mains, brûlées au bout des doigts. Dont la peau fine laisse voir mes veines. Mon corps est vieux, ma tête est vide.
Mais qui suis-je ?

# Posté le lundi 19 janvier 2009 13:09

Modifié le mardi 24 mars 2009 19:15

Moment d'absence

Moment d'absence
Dehors j'entends le crépitement délicat d'une bruine matinale. Je remonte un peu la couverture jusqu'à ce que je sente sa douceur au niveau de mon menton. Ma tête s'enfonce inconsciemment dans un coussin moelleux.
J'ouvre le livre.
D'abord, ce n'est qu'une succession de mots abstraits. J'attends d'être pris dans les virages de l'histoire. Dans mes oreilles bat la mesure d'une musique épique. Mes yeux parcourent frénétiquement les pages. De temps en temps, une main discrète sort de l'abri molletonneux pour tourner la page.
Et d'un coup tout prend un sens. Les yeux s'écarquillent en saisissant le sens insensé du scenario dans lequel l'auteur m'a emporté, me répétant comme une litanie "Ce type est un génie". Les pages se tournent de plus en plus vite. Volontairement, pour ne pas fragiliser le rythme qui est imposé, je saute une syllabe, un mot, une phrase. Et tout reprend de plus belle dans une explosion de mots qui ensemble me projettent dans un monde que je n'avais jamais encore osé imaginer.
Tous les détails que j'avais éludé au commencement prennent soudain un sens, tout se met en place dans un engrenage délicat, en crescendo progressif. Un orchestre esthétique déverse ses notes qui semblent émises au hasard, et qui pourtant prennent vie en harmonie parfaite.
Puis soudain un grand vide. Au détour d'une page, un point marque la fin. Le courant électrique qui s'agitait dans mon cerveau se tait. La journée se termine, et j'émerge dans un paysage plus familier.
Au dehors la pluie s'est tue.

# Posté le dimanche 28 décembre 2008 11:39